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| | Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? | |
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| Auteur | Message |
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Willy Admin

Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Dim 25 Mai - 12:30 | |
| Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ?
Ce topic est consacré à la naissance de l'islam et plus particulièrement aux écrits disant que Muhammad n'est qu'une légende.
Je vous conseille fortement de télécharger cette vidéo qui est fort intéressante:
http://www.megaupload.com/fr/?d=PU4I27XX
Frère Bruno de Jésus a fait une nouvelle traduction du Coran. Il a fait un résumé de son ouvrage dans cette vidéo.
Je vais poster petit à petit une partie de son travail.
| Citation: | POUR SERVIR AU DIALOGUE AVEC L'ISLAM L’Évangile commence « à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait » (Jn 1, 2 . Autrement dit : en Transjordanie, c’est-à-dire en Arabie. Dès le lendemain de la Pentecôte, la “ Bonne Nouvelle ”, partie de Jérusalem, gagna l’Orient par le territoire de la Pérée, situé à l’est du Jourdain et habité par des communautés juives d’obédience essénienne, comme l’ont révélé les manuscrits de la mer Morte. Après sa conversion sur le chemin de Damas et son baptême reçu des mains d’Ananias, c’est d’abord en « Arabie » que Saul de Tarse, devenu chrétien, passa plusieurs années (Ga 1, 17). Trente ans plus tard, en 66, lors de la première révolte juive, les chrétiens de Jérusalem se réfugièrent à Pella, en Transjordanie.
AVANT L’ISLAM, L’ARABIE CHRÉTIENNE
Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, les tribus arabes se convertissent au contact des moines chrétiens, et secondent la colonisation romaine. De telle sorte qu’aux deuxième et troisième siècles, la province romaine d’Arabie, fondée par Trajan, après l’annexion du royaume des Nabatéens de Pétra en 106 après Jésus-Christ, rivalise avec les provinces les plus prospères de l’Empire.
Aussi, au sixième siècle de notre ère, la province d’Arabie christianisée jouit-elle de la faveur des empereurs de Byzance. Tandis que, favorisé par l’essor du commerce, un mouvement de sédentarisation et d’urbanisation s’accompagne de la construction de magnifiques églises, décorées de mosaïques (cf. Bruno Bonnet-Eymard, Quand l’Arabie était “ heureuse ”, Il est ressuscité no 11, juin 2003, p. 3-12).
Toutefois, durant cette même période, le territoire transjordanien accueillit un grand nombre de sectes qui s’écartaient plus ou moins de l’orthodoxie, au point que Théodoret de Cyr, au cinquième siècle, écrira : « Arabia hæresium ferax ! » L’Arabie est un foyer d’hérésies. Saint Épiphane de Salamine entreprit d’en dresser le catalogue et, au huitième siècle, saint Jean Damascène inscrira, sous le nom de « centième hérésie », « la religion des Ismaélites », à laquelle il ne donne pas encore le nom d’ “ islâm ”.
Cependant, les sources littéraires attestent la présence d’évêques, d’archimandrites, de prêtres, de moines et de fidèles illustrant aussi la vitalité d’une foi que les sources archéologiques représentent plutôt comme orthodoxe. Les inscriptions figurant sur les pavements de mosaïques des églises construites entre le cinquième et le huitième siècle, sont des professions de foi en Dieu Trinité sainte et consubstantielle, Seigneur de toutes choses, Celui qui a fait le Ciel et la terre. C’est avec son aide, par sa grâce, selon sa volonté et sa providence que l’on construit les églises et qu’on mène à leur terme les bonnes œuvres.
À en juger par les inscriptions, les chrétiens de la province d’Arabie nourrissent une très grande dévotion envers la Très Sainte Vierge, définie Théotokos, Mère de Dieu, par le concile d’Éphèse en 431 ; souveraine sainte et immaculée, c’est à elle qu’il faut s’adresser, « l’âme et les actions purifiées », comme le rappelle l’inscription de l’église qui lui fut consacrée dans le centre de Madaba. En outre, on constate que les fidèles rivalisent pour embellir leurs églises, depuis les grandes basiliques urbaines jusqu’aux églises des villages et aux chapelles des monastères. Enfin, les inscriptions, qui permettent d’identifier les évêques, attestent la survivance des Églises chrétiennes depuis les persécutions juives dont furent victimes les chrétiens du Yémen au sixième siècle, jusqu’à la période des Omeyyades et des Abbassides, au huitième. C’est ainsi que ces découvertes archéologiques récentes bouleversent toutes les idées reçues concernant les origines et les débuts de l’islam.
Cette absence de rupture véritable entre la période byzantine et la période dite “ musulmane ”, attestée à la fois par les sources littéraires et par les vestiges archéologiques, pose une formidable énigme aux chercheurs modernes encore persuadés de la vérité historique de la conquête musulmane, qu’un auteur n’a cependant pas craint d’appeler The invisible conquest.
LA TRADITION MUSULMANE EN QUESTION
Sous le titre “ L’islam sous la toise ”, l’abbé Georges de Nantes publiait il y a un demi-siècle un article - programme dont devrait s’inspirer tout protagoniste du “ dialogue islamo-chrétien ”. Il commençait par observer que l’islam n’avait pas subi de la part du rationalisme un choc comparable à celui qui mit à l’épreuve le fait biblique et l’histoire des origines chrétiennes :
« Il était peu convenable durant les cent dernières années de croire encore en la divinité de Jésus, mais nul ne songeait à combattre au nom de la Science la religion de Mahomet le Prophète. Cette exception est si remarquable que, par tradition, notre État laïc refuse au nom de la Raison et de la Science toute liberté et toute assistance à l’Église, mais vénère l’Allah des musulmans, lui construit des mosquées, traite ses ministres et soutient ses écoles coraniques à l’égal de ses propres administrations. »
Étonnante actualité de cette remarque, vieille de cinquante ans ! L’abbé de Nantes s’interrogeait alors :
« L’islam serait-il en accord si évident avec la Science et le Progrès ? En aucune manière. Dès l’origine, sa conception de la révélation a paralysé l’étude intellectuelle du Coran, tandis que son imagination débridée multipliait sans retenue un écheveau de légendes sous lesquelles les événements historiques disparurent sans laisser de traces. Catholiques et incroyants ont l’habitude, encore aujourd’hui, malgré leur sens hypercritique, de considérer l’islam comme un vieux frère qui a fait ses preuves et demeure sans fissure, comme un édifice éternel."
« Tous acceptent le Coran comme un Livre saint, conservant un corps de vérités religieuses révélées par un vrai Dieu, Allah, et sur lequel s’est édifié immédiatement l’islam, admirable religion monothéiste [...]. Telle est à l’égard de l’islam la candeur millénaire de l’Orient et de l’Occident. Personne n’a osé être un instant incrédule, comme des milliers l’ont su être à longueur de vie à l’égard du christianisme ; personne n’a pris la liberté de lire le Coran comme un document du passé et de chercher à l’expliquer par les plus simples lois de la méthode historique, depuis longtemps en usage au sein même du catholicisme dans l’étude de la Bible. » (L’islam sous la toise, L’ordre français no 8, janvier 1957, p. 53-76)
INCONVERTISSABLE ?
L’abbé de Nantes dénonçait alors « deux préjugés » capables de causer à la civilisation un dommage irréparable : « Je crains qu’ils n’érigent en théorie philosophique notre lâcheté politique et notre esprit de démission actuels. »
Le premier préjugé anticipait « l’esprit du Concile » et sa déclaration Dignitatis humanæ, éteignant l’esprit missionnaire : il « consiste à accorder, par relativisme sceptique ou sentimental, une valeur égale à tout mouvement religieux quel qu’il soit ; il semblerait qu’une croyance ne puisse se discuter sans blesser indignement les âmes sincères qui la professent et que la raison n’ait pas le droit ni la force réelle d’en apprécier la valeur objective (exception faite de la condamnation sans appel de notre religion ancestrale, toujours bien considérée) ».
Le second préjugé est un corollaire du premier ; il brise tout élan missionnaire en direction de l’islam : « Il prétend qu’un musulman ne se convertit pas, que cela ne s’est jamais vu et ne se verra jamais. L’islam serait impénétrable, nul ne pourrait l’aborder sans être conquis, nul n’y peut naître sans en être prisonnier pour la vie. Tout effort tenté en vue d’une évolution des individus ou des groupes, incidemment de leur conversion même, serait voué au plus cuisant échec. L’islam renforce le lien de la race par celui de la foi, il comporte une mystique et une politique, il propose donc une synthèse vivante qui ne laisse rien désirer à son bénéficiaire et le captive trop étroitement pour qu’on puisse songer à l’en détacher. »
Frère Matthieu a montré, le mois dernier, comment la conquête et la colonisation françaises avaient éveillé chez les indigènes d’Afrique du Nord une réelle, une tangible grâce de conversion à l’Évangile, et une attirance vers les clartés de la civilisation française, aussitôt contrecarrée par l’administration de la monarchie de Juillet, de l’Empire et de la République, en attendant d’être désavouées par l’Église elle-même en ses instances conciliaires et postconciliaires (Il est ressuscité no 52, décembre 2006, p. 19-30) !
Il nous faut donc faire œuvre de Contre-Réforme catholique par le “ dialogue ” tant préconisé de nos jours, et si peu pratiqué, sinon comme un dialogue de sourds ! Déjà, saint Jean Damascène le pratiquait au huitième siècle de notre ère. Il nous en a laissé un modèle : Dialexis Sarakenou kai Christianou, “ Dialogue du Sarrasin et du Chrétien ” ( texte grec et traduction dans la collection Sources chrétiennes no 383, éd. du Cerf, 1992). Marchons sur ses traces.
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|  | | Willy Admin

Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Mar 27 Mai - 22:44 | |
| | Citation: | NAISSANCE DE LA GRAPHIE ARABE
AU FRONTON DES ÉGLISES

Linteau de basalte (longueur : 3, 05 m ; hauteur : 0, 67 m) provenant du portail d’une basilique dédiée à saint Serge, daté de 512 après Jésus‑Christ, découvert au milieu des ruines romaines de Zabad, dans le désert syrien, près d’Alep, transporté en 1903, par l’entremise du Père Lammens, le savant jésuite de l’université Saint-Joseph de Beyrouth, au musée royal d’art et d’histoire de Bruxelles ; photographié et expliqué par Georges de Nantes (notre tome II, p. 297). L’inscription arabe énumère les noms de cinq fidèles arabes, chaque nom nouveau étant précédé de la conjonction waw. Trois d’entre eux portent le nom de “ Serge ”.

Au centre, monogramme du Christ, sculpté dans un cercle. La croix grecque à branches évasées divise le cercle en quatre segments. Le Christ est figuré par les branches verticales de la croix formant un c grec, avec une boucle au bras supérieur formant un P grec disposé pour être lu de droite à gauche, comme en arabe et en syriaque.
Dans les segments supérieurs, à droite et à gauche, apparaissent, de droite à gauche, le soleil et la lune, un soleil brisé et une lune pleine comme un sein de femme, figurant les signes cosmiques qui accompagnèrent la mort de Jésus : pleine lune (date de la Pâque), et obscurcissement du soleil (Lc 23, 44).
Dans les segments inférieurs, se reconnaissent la première et la dernière lettre de l’alphabet grec : Alpha et Oméga, disposés dans le sens de la lecture en syriaque et en arabe, de droite à gauche, suspendues par de curieuses bretelles aux bras de la croix ; elles figurent le Christ, principe et fin de toutes choses (Ap 1, , pendu au gibet.

Dessin de l’ensemble et fac-similé de la dédicace grecque, araméenne, arabe qui s’y trouve gravée. Le syriaque est la langue populaire, le grec est la langue urbaine, officielle et littéraire. L’arabe, nouveau venu, appelé à bientôt supplanter grec et syriaque, apparaît pour l’heure comme une création des arabes chrétiens de Syrie.
L’inscription arabe, qui court en bas, entre deux rangées d’oves, sur la surface taillée en biseau, de part et d’autre de la croix du Christ, énumère des noms de donateurs précédés d’une invocation initiale :

1. Avec le secours de Dieu, Serge, fils d’Amat Manâf, et Hannai’, fils d’Imru l-qays,
2. et Serge, fils de Sa‘d et Sitr ( ?), et Serge.
La plupart des lettres ont à peu près le tracé qui caractérisera, cent ans plus tard, l’écriture coranique. L’alif est réduit à une barre verticale (ligne 1) ; le lâm-alif est purement arabe, ainsi que le sîn ; le beth et le taw tendent à se confondre.
MARTYRIUM SAINT-JEAN-BAPTISTE-DE-HARRÂN (568 ap. J.-C.)

Moi, Sharâhîl, fils de Zâlmû, j’ai construit ce martyrium,
l’an 463. Après [la] ruine.
[ ? ]
[ la ] douceur.
Partie arabe d’une inscription grecque-arabe relevée au dix-neuvième siècle en Syrie, au nord-ouest du Djebel Druze, sur le linteau d’un « martyrium », désigné ici en arabe par les deux derniers mots de la première ligne : dâ l-mrtûl, « ce martyrium ». Ces deux mots encadrent la croix grecque à branches évasées inscrite dans un cercle.
Le texte grec précise que « le martyrium », to mart (urion), est consacré à saint Jean-Baptiste. Le grec a servi de base aux tentatives de déchiffrement de l’arabe, objet d’une abondante bibliographie. Après le premier mot de la ligne 2 qui se lit snt, « année », viennent les signes nabatéens servant à la notation des nombres, soit 463 de Bosra, 568 de notre ère.
Ainsi, comme l’avait déjà compris Melchior de Vogüé au siècle dernier, « l’écriture dite coufique, que l’on croyait postérieure à l’islamisme et inventée dans la ville de Coufa, était en réalité constituée dès 568 de notre ère ». Une simple comparaison avec une page du manuscrit “ Arabe 328 ” de la Bibliothèque nationale de Paris (ci-dessous) révèle en effet une ressemblance frappante entre les lettres gravées sur le linteau du martyrium de Harrân et les lettres grandes et grasses tracées à l’encre brune sur un feuillet de parchemin, à la manière des papyrus égyptiens du septième siècle : même inclinaison des hampes ; même écriture raide et anguleuse, d’allure ornementale, correspondant à une graphie difficile, sur un support résistant et quelque peu rugueux comme est le parchemin. L’évolution n’est cependant pas encore achevée : le ‘ayn des mots b‘d (ligne 2) et n‘m (ligne 4) est encore hébraïque.
La formule finale est un acte de foi et d’espérance en la résurrection bienheureuse.

Extrait d’une copie fragmentaire du Coran “ Arabe 328 ”, où se lit un passage de la sourate III, versets 141-151, reproduit en grandeur naturelle; ce document est reconnu par l’ensemble des critiques pour le plus ancien des manuscrits parvenus jusqu’à nous, mais il demeure anonyme et non daté.
L’écriture en est raide et anguleuse, comme les inscriptions lapidaires de Zabad et de Harrân, et elle est “ défective ” : non seulement elle ne comporte pas de voyelles brèves, mais encore certaines consonnes que l’on distingue aujourd’hui par des points diacritiques, ont une forme identique. Par exemple les lettres b, t, th, n et y ; de même q et f ; ou encore j et h dur, etc.
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|  | | Willy Admin

Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Jeu 29 Mai - 10:53 | |
| | Citation: | LE CORAN PAR LE CORAN
« Le Coran est le document authentique des origines de l’islam, comme la Bible l’est des religions juive et chrétienne. C’est d’une parfaite méthode historique d’étudier ces livres du plus près possible pour y trouver de préférence à toute tradition postérieure la vérité sur les origines de ces religions. Ce ne doit pas être un travail si considérable d’analyser le Coran puisque, indubitablement, il est l’œuvre d’un seul auteur, que sa rédaction couvre quelque trente années, tandis que la Bible est l’expression écrite d’une inspiration religieuse qui atteint tout un peuple, pendant un millénaire et plus. » (Georges de Nantes, ibid.)
À vrai dire, la difficulté particulière au Coran s’est avérée immense du fait que ce document se présente comme un aérolithe tombé du ciel dans le champ de la littérature universelle. Il n’existe aucun texte antérieur à la sourate I attestant l’utilisation d’une langue arabe écrite et parlée. Quand donc l’auteur déclare qu’il a enseigné l’ « écriture » (kitâb ; II 129, 151), et la « lecture » (qur ’ân ; II 185), aux enfants d’Ismaël, il signifie qu’il leur a appris à lire et à écrire. Cette affirmation répétée (III 129, 164), est cohérente avec la date de naissance de la graphie arabe que nous pouvons déterminer par l’étude comparée des documents épigraphiques parvenus jusqu’à nous. On trouvera la reproduction et l’analyse de ces documents dans le tome II de notre traduction commentée du Coran, appendice II consacré à “ Mahomet ” (p. 245-258).
Véritable relecture de la révélation divine, le Nouveau Testament inclus, le Coran s’appuie sur l’authentique « Parole », ’amr, de Dieu (II 109, 117, 210), exprimée par les « versets lumineux » de la révélation biblique (II 211) récités (II 129, 151, 252), expliqués par l’auteur de la part de Dieu même (II 219, 266) qui lui en a communiqué « l’intelligence » (II 99), à la lumière d’événements qu’il devient très difficile de reconstituer si l’on récuse la tradition postérieure, comme on le doit en bonne méthode scientifique.
En effet, il faudra attendre le neuvième siècle pour voir posés par ’Ibn Hisham les cadres de la sîra, ou Vie de Mahomet, dont le canevas demeurera ensuite immuable jusqu’à nos jours. Faite des hadît, « récits », que « les compagnons du Prophète transmirent à la seconde génération de croyants, celle des Suivants, qui la confièrent eux-mêmes aux Suivants des Suivants », Gaudefroy-Demombynes en offre une pieuse version dans son Mahomet (Albin Michel, 1957 ; Rodinson a réédité cette « somme » en livre de poche en 1969).
Le Père Lammens a établi, au siècle dernier, que « quand la Tradition islamique prétend se donner comme une source d’information indépendante, comme le résultat d’une vaste enquête, organisée par les contemporains sur la vie du prophète arabe, nous pouvons la considérer comme une des plus grandes supercheries historiques dont les annales littéraires aient gardé le souvenir. Si, au-dedans comme au-dehors de l’islam, l’illusion a pu durer si longtemps, il faut l’attribuer au faux appareil critique, à l’apparente candeur des garants cités à l’appui, à l’ingéniosité dans les recherches, à l’implacable logique dans l’erreur dont témoigne cette énorme compilation. » (cité en préface de notre traduction du Coran, t. I, p. xiii)
Nous ne nous cachons pas que nous surprendrons beaucoup de lecteurs en posant la question de l’auteur du Coran. Mais quiconque juge équitablement conviendra qu’il serait contraire à la méthode scientifique de ne pas réexaminer l’attribution à “ Mahomet ” du corpus coranique, après les remarques critiques du Père Lammens sur la manière dont fut composée la biographie traditionnelle du “ prophète arabe ” :
« J’ai toujours sincèrement admiré l’héroïsme des traducteurs du Coran, écrivait encore le Père Lammens. Une bonne version supposerait une connaissance approfondie de la Sirâ. Comme la Sirâ dérive en dernier ressort du Coran, c’est tourner dans un cercle vicieux ! » (ibid., p. xv)
Comment en sortir ? Comment substituer une exégèse scientifique du document source qu’est le Coran à l’exégèse fantaisiste de la Tradition musulmane ? En écartant cette dernière et en expliquant le Coran non pas par la légende postérieure, mais par le Coran lui-même.
Par exemple, La Mekke n’est jamais mentionnée dans le Coran. Ce document ne fournit donc aucune attestation de l’existence de cette cité avant l’islam. En désespoir de cause, les orientalistes modifient le mot de bakka, présent une seule fois dans le texte (III 96), en makka. Mais le texte porte seulement : « Oui, la première Maison (bayt ) qui a donné la vie aux hommes est celle de Bakka, bénédiction et voie pour les siècles. »
Les commentateurs traditionnels identifient la « Maison » (bayt ), ici mentionnée, avec l’édifice situé actuellement dans la cour de la grande mosquée de La Mekke, appelée Ka‘ba. Mais le mot arabe bayt est transposé de l’hébreu bayit, qui signifie « maison », et plus encore : « Temple ». Or, il est employé pour la première fois dans la sourate II où il désigne « le Lieu d’Abraham » (II 125), autrement dit : le Temple de Jérusalem dont une tradition constante place la construction sur le mont Moriyya, lieu du sacrifice d’Isaac. Le verset 127 en annonce la restauration : « Alors, Abraham rétablira les assises du Temple (’al-qawâ‘ida mina l-bayti ) avec Ismaël. » Promesse défigurée plus tard par la légende élaborée par la Tradition musulmane substituant au Temple de Jérusalem le “ Temple de La Mekke ”, lieu de pèlerinage actuel des musulmans en Arabie Saoudite, à l’intérieur du Hedjaz. Mais le nom même de Bakka inchangé, inchangeable, incontournable, nous ramène inexorablement à Jérusalem.
Le « val de Bâkâ », au nord de la vallée de Hinnom, était la dernière étape du pèlerinage à Jérusalem, située à l’ouest de la ville, au carrefour des routes venant du nord, de l’ouest et du sud (Ps 84, 7).
Ajoutons que tous les géographes de l’antiquité ignorent La Mekke. La légende qui en fait le lieu de naissance de l’islam n’a donc pas le moindre fondement historique et constitue un énorme anachronisme.

Pistes caravanières et routes maritimes de l’encens, partant des régions de production de la myrrhe et de l’encens en Arabie du Sud et en Somalie du Nord, vers l’Égypte, le bassin méditerranéen et la Mésopotamie, grands demandeurs de ces aromates pour le culte des dieux, mais aussi pour les parfumeurs (d’après la carte établie par Georges Duby, in Atlas Historique, © Larousse, 1991)... Yatrib n’a pas encore reçu le nom de “ Médine ”. Quant à La Mekke, elle n’existe pas, sauf dans l’imagination des “ logographes ” musulmans postérieurs. Vidal de La Blache, dans une communication à l’Académie des inscriptions et belles-lettres (séance du 6 novembre 1896), établissait la carte des Voies de commerce dans la Géographie de Ptolémée : La Mekke, donnée traditionnellement pour une grande étape de la « route de l’encens », est absente de cette carte (reproduite p. 271 de notre traduction du Coran, tome II).
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|  | | Willy Admin

Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Jeu 29 Mai - 11:01 | |
| | Citation: | À LA DÉCOUVERTE DE LA LANGUE DU CORAN
En bonne méthode historique et critique, il nous faut donc partir du texte coranique, et de lui seul. Mais puisque les corans “ hedjaziens ” les plus archaïques, ainsi que de nombreux corans “ coufiques ” sont sans voyelles, et sans points diacritiques pour distinguer les consonnes, voyelles et points diacritiques ayant été ajoutés en fonction de l’interprétation postérieure, toute dépendante de la “ Tradition ” que nous récusons, nous devons partir du Coran ramené à sa forme la plus primitive qui, non seulement ne comporte pas de voyelles brèves, mais présente en outre plusieurs consonnes sous une forme identique. Par exemple les lettres b, t, th, n et y ; de même q et f ; ou encore j et h dur, etc.
Réduit à cette forme uniquement consonantique, le Coran est le seul document littéraire en langue arabe que l’islam ait jamais possédé pour connaître l’histoire de ses propres origines.
Autant dire qu’il constitue une fameuse devinette !
Un exemple fera comprendre la fécondité d’une recherche engagée sur ces bases rigoureuses. Au verset 126 de la sourate II, le mot baladan, reconnaissable même au commun des mortels puisque “ bled ” est passé dans notre langage courant, est traduit “ ville ” par tous les spécialistes, avec cette précision entre parenthèses : La Mekke. Or, comme nous venons de le dire, ce nom n’est pas dans le texte, au point que nous pouvons et devons mettre en doute l’existence de cette ville à l’origine. Mais alors, quel est donc ce “ bled ” ?
Voici la clef de l’énigme : il suffit de mettre deux points diacritiques au lieu d’un seul sous la première consonne, afin de lire yld au lieu de bld.
Ces trois consonnes s’interprètent alors comme la transcription du mot hébreu yèlèd, « garçon », qui désigne Ismaël nommé au verset précédent, où “ le Dieu ” (Allah) rappelle qu’il a « fait alliance avec Abraham et Ismaël » (II 125). Tandis que baladan traduit par « une ville » n’a aucun rapport avec ce contexte, yaladan traduit par « un enfant » s’insère parfaitement dans le verset suivant : « En ce temps-là, Abraham dit : “ Maître, consacre celui-ci en enfant fidèle ”. » (II 126)
Cet exemple révèle à lui seul que la langue du Coran n’est pour une bonne part que la transcription de la langue hébraïque. Le démonstratif hâdâ, « celui-ci », en est lui-même témoin, étant formé du pronom démonstratif hébreu zèh, préfixé de l’article hébreu ha pour le renforcer.
En poursuivant notre investigation, nous découvrons que l’auteur transpose ainsi en langue arabe la langue hébraïque dans un but précis : transférer à l’usage des arabes la révélation contenue dans la Bible, où l’on voit en effet Abraham croire que la promesse divine concerne Ismaël : « Abraham dit à Dieu : “ Oh ! qu’Ismaël vive devant ta face ! ” » (Gn 17, 1 Cependant, Dieu le détrompe, précisant qu’il établira son alliance avec Isaac « comme une alliance perpétuelle » (Gn 17, 19).
Selon le récit biblique, Dieu ajoute : « En faveur d’Ismaël aussi je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui un grand peuple. » L’auteur de la sourate II se prévaut de cette promesse pour transférer à Ismaël le privilège d’Isaac pourtant aussitôt affirmé par Dieu sans équivoque selon la Bible : « Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. » (Gn 17, 21) Selon le Coran, Dieu dit : « Nous avons fait alliance avec Abraham et Ismaël. » (II 125)
Le procédé est comparable à celui de saint Paul dans l’Épître aux Galates (Ga 4, 21-31), à une différence près : Isaac n’est même pas nommé ici, et aucune justification n’est fournie du brigandage qui le dépouille des promesses au profit de son frère Ismaël. Subversion radicale, révolution sans précédent, qui enlève a fortiori la filiation adoptive aux chrétiens, enfants de Dieu « à la manière d’Isaac » (Ga 4, 2 , au bénéfice de la descendance d’Ismaël que sont les tribus de l’Arabie du nord (Gn 21, 12-1 , race d’Abraham selon la chair.
Cette audacieuse initiative conserve cependant un fondement biblique par le biais de la circoncision, « signe de l’alliance » : « “ Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis. ” [...] Alors Abraham prit son fils Ismaël [...] et Ismaël, son fils, avait treize ans lorsqu’on circoncit la chair de son prépuce. Ce jour même furent circoncis Abraham et son fils Ismaël. » (Gn 17, 10. 23-26)
Dans la prière qui clôt la sourate II, l’auteur invoque Dieu “ notre Circonciseur ”, mawlânâ. L’expression dérive du verbe hébreu mûl, « couper, circoncire ». Par cette invocation, sans parallèle dans la Bible, ni, à ma connaissance, dans la littérature rabbinique, l’auteur achève de livrer toute sa pensée théologique, d’une hardiesse propre à supplanter saint Paul lui-même. Celui-ci expliquait en effet aux Romains que « la foi d’Abraham lui fut comptée comme justice » avant d’être circoncis afin de devenir le père de tous les croyants, circoncis et incirconcis. Préparant ainsi le régime de la foi que l’on doit « à celui qui ressuscita d’entre les morts Jésus, notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » (Rm 4, 24-25).
La nouveauté apportée par le Coran consiste donc en un brutal retour en arrière, sous couleur de rétablir la religion « parfaite » d’Abraham. Le verset 131 cite la parole de Yahweh à Abraham : « Sois parfait ! » (’aslim) que l’on traduit traditionnellement « Soumets-toi ! » mais sans raison et sans égard au texte source qui est la version araméenne du récit de l’Alliance : haweî shelîm, « sois parfait ! » (Tg Gn 17, 1). De l’araméen shelîm, « entier », « intègre », est dérivé le mot islâm, désignant la religion « parfaite » contenue dans le Coran, et le mot muslim, désignant le croyant « parfait » dont la religion est l’islâm.
Dans le Coran, Abraham répond : « Je suis parfait », ’aslamtu. Ce trait n’est pas dans la Bible qui se contente de mentionner la foi d’Abraham : « Abram crut en Yahweh, qui le lui compta comme justice. » (Gn 15, 6) Tandis que la réponse prêtée par le Coran à Abraham tend à l’égaler à Jésus qui, seul, a osé se dire « parfait », parce qu’il l’était divinement (Jn 8, 46).
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Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Sam 31 Mai - 12:43 | |
| | Citation: | JÉSUS, FILS DE MARIE
La référence du Coran à Jésus est bien connue, et souvent proposée comme fondement à un « rapprochement » possible entre islam et christianisme. Cependant, le « dialogue » s’avère aussitôt hérissé de difficultés, que l’on peut ranger sous deux rubriques.
Premier obstacle : le nom même de Jésus est inconnu sous la forme que lui prête l’auteur du Coran : ‘îsâ est une invention qui le prive de sa signification étymologique de « Yahweh sauve », en hébreu yéshû‘a, en permutant les consonnes shin et aïn de l’hébreu. Cette déformation, sûrement intentionnelle, est annoncée par le sigle alm, placé en tête de la sourate II, incompris des commentateurs, jusqu’à ce que nous en découvrions le secret dans le système d’abréviations en usage dans la littérature rabbinique :
“ a ”, lettre initiale de ’el hébreu, ’ilâh arabe, « Dieu » ; “ l ” préposition le, « pour » ; “ m ”, initiale de môshâ‘ôt, « saluts », au pluriel pour souligner la richesse de l’unique plan salvifique de Dieu à travers l’histoire : ’el lemôshâ‘ôt, « Dieu pour les saluts », expression usitée dans le psaume 68, 21.
Dieu seul est « pour les saluts », enseigne le Coran, et Jésus n’est pas Dieu Fils de Dieu, « Dieu sauveur ». Il n’est qu’un homme, « fils de Marie ».
L’auteur polémique donc directement contre le culte rendu en Arabie au « Seigneur Jésus-Christ, Fils unique du Dieu unique » et à sa divine Mère, Théotokos, des inscriptions chrétiennes : « Ils ont apostasié ceux qui ont dit : “ Voici le Dieu, lui, le Christ, fils de Marie ”, alors que le Christ disait : “ Ô fils d’Israël, servez le Dieu, mon Maître et votre Maître ! ” » (V 72)
À lui seul, ce verset révèle, chez l’auteur, une profonde connaissance du quatrième Évangile, qu’il plagie, en corrigeant à dessein la parole de Jésus disant : « mon Père et votre Père » (Jn 20, 17).
Deuxième obstacle rencontré dans nos tentatives de “ dialogue ” : la généalogie prêtée à Jésus. Il est « né » d’une femme (’untâ ; III, 36 ; cf. Ga 4, 4), et le nom de cette femme est Marie : « Jésus, fils de Marie » (‘îsâ bna maryama ; II 87, 253 ; III 45). Le nom de « Marie », maryam, est la pure et simple transposition du grec mariam. Donnée pour « fille de Amram » (III 35-36), la mère de Jésus se confond donc avec Miryam, sœur de Moïse et d’Aaron (Nb 26, 59).
Les orientalistes se hâtent d’expliquer cette confusion par “ l’ignorance de Mahomet ”. Solution irrecevable non seulement aux yeux des musulmans mais encore au vu de la connaissance de l’Ancien et du Nouveau Testament manifestée par l’auteur du Coran.
Par exemple, la réminiscence de l’Évangile selon saint Luc est évidente dans ce verset : « Ne vous égarez pas au point d’idolâtrer (une femme) “ entre les femmes ”. » (IV 129 ; cf. Lc 1, 42)
En fait, là aussi l’intention de l’auteur est claire : par cet anachronisme violent, il veut « réduire à néant », comme dirait saint Paul (1 Co 1, 17), non seulement la divinité du Christ, mais encore sa messianité. C’est ainsi que « fils de Marie » (’ibn maryam) efface également « Fils du Très-Haut » (Lc 1, 32) et « Fils de David » (Mt , 1, 1 ; Lc 1, 32).
La confusion délibérée entre Marie, mère de Jésus, et Myriam, sœur de Moïse, en abolissant l’écart de trente générations toutes tendues vers l’avenir dans l’attente du Roi-Messie, brise le fil orthodromique de l’histoire sainte.
Certes, le nom de « messie » (masîhu) est associé une fois à celui de « Jésus » pour former le nom composé précédé de l’article, « le Christ-Jésus » (’al-masîhu ‘îsâ ; III 45). Mais cette expression n’est ici qu’une transposition en arabe, et à partir de l’hébreu, du nom propre grec, dépouillé de toute signification messianique. « Le Christ-Jésus, fils de Marie » n’est jamais dit « fils de David ».
Loin d’être plus grand que Moïse, comme l’ont faussement conçu les « nazoréens », c’est-à-dire les chrétiens, par une « interprétation mensongère », il est semblable à lui. Cette affirmation trouve d’ailleurs un fondement apparent dans le Nouveau Testament, où Jésus est un nouveau Moïse, accomplissant ce que Yahweh avait annoncé au fondateur du peuple élu : « Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi. » (Dt 18, 18 ; cf. Jn 6, 14 ; 7, 40 ; Ac 3, 22-23 ; 7, 37)
Parvenu à ce point, le “ dialogue islamo-chrétien ” tourne court puisque le Coran exclut toute divinisation de Jésus. Est taxé d’idolâtrie le culte rendu par les chrétiens au crucifix, à Jésus « l’élevé » (’al-jibt ; IV 51). Ce terme, employé une seule fois dans le Coran, a été forgé à partir de l’hébreu gâbah, « être élevé », pour désigner le Christ « élevé » sur la Croix (Jn 12, 32-33), puis dans le Ciel, au jour de la résurrection (Jn 20, 17), objet de la foi chrétienne. Avec saint Jean Damascène, on peut qualifier l’auteur du Coran d’ « antichrist » dans la mesure où il évacue la Croix du Christ au point d’en nier le fait lui-même lorsqu’il écrit : « Ils ne l’ont pas tué ni crucifié, mais il est bel et bien revenu vers eux. » (IV 157) S’il est « revenu vers eux », comme il l’avait annoncé lui-même (Jn 14, 2 , et comme le racontent les Évangiles de la résurrection, c’est qu’il n’était pas vraiment mort...
UN MYTHE FIGURATIF
Le Coran ne contient pas de récit de la nativité de Jésus, ni de sa vie, cachée ou publique, ni de sa mort, ni de sa résurrection, mais seulement les « annonces du mystère » (’anbâ’i ll-gaybi ; III, 44), ainsi que de la trahison par laquelle le « livrèrent » (makarû ; III 54) « ceux qui [ le] suivaient » (’al-hawâriyyûn ; III, 52).
L’absence de tout récit de la nativité de « Jésus, fils de Marie », entre celui de l’annonce faite à Marie par « les anges », et celui de l’annonce de son avènement par Jésus aux enfants d’Israël, « réduit à néant », selon l’expression de saint Paul, non seulement « la Croix du Christ », mais encore son existence historique. L’auteur du Coran serait-il un moderniste avant la lettre ? Omettant de raconter la naissance de Jésus, il se contente d’annoncer qu’il sera, à la ressemblance de la création première, pure « parole » (’amran) décidée par Dieu, donc virginale, conformément au vœu de Marie disant : « Maître, y aura-t-il pour moi un enfant alors qu’aucune chair ne me touchera ? » (III 47)
C’est à se demander si cette « parole » s’est vraiment faite « chair ». Pourtant, « il sera grand en ce monde et dans l’autre », annoncent « les anges , et il sera « parmi les victimes » (mina l-muqarrabîn ; III, 45). Cette allusion à la prophétie du vieillard Siméon (Lc 2, 33‑35), incomprise des commentateurs, est la clef de l’énigme.
Toute la vie publique est « annoncée », elle aussi, par Jésus lui-même promettant d’accomplir d’éclatants miracles, non pas par sa propre puissance, mais « le Dieu exauçant » (bi-’idni llâhi ; III 49). Le premier de ces miracles consistera à donner vie à un modelage de tourterelle en argile. Cette légende puérile, inventée par les auteurs d’Évangiles apocryphes, est marquée ici au coin de la sobriété et de la dignité propres à l’auteur du Coran. Elle laisse deviner une intention précise et manifestement réductrice ; interpréter l’apparition d’une colombe descendue du ciel sur Jésus, après son baptême, comme un miracle de sa puissance thaumaturgique et non pas comme une manifestation du Saint-Esprit. Ainsi se trouvent évacuées à la fois la divinité du Saint-Esprit et l’onction messianique du « Christ-Jésus » (’al-masîhu ‘îsâ) dont la scène évangélique du baptême marquait l’intronisation.
Point de nativité, partant point de vie, ni cachée ni publique, point de mort ni de résurrection. Mais seulement des « annonces », comme de prophéties d’ “ Ancien Testament ”.
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|  | | Willy Admin

Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Lun 2 Juin - 18:51 | |
| | Citation: | L’ISLAM, « ACCOMPLISSEMENT »
Soudain, les verbes passent à l’accompli. Le style en prend un tour plus dramatique pour narrer « le reniement » (’al-kafra) de « ceux qui suivaient » (’al-hawâriyyûn) Jésus. « Nous sommes les nazôréens du Dieu », affirment-ils, se déclarant « parfaits » (muslimûn) et en prenant Jésus à témoin (III 52). Et cependant, ils le « livrèrent » (makarû ; III, 54) en dépit de leur profession d’islâm. Toujours les « nazôréens » trahirent l’islâm. Telle est la leçon de l’histoire de Jésus « livré », « victime » des siens.
L’intention est manifestement de proposer Jésus en figure de celui qui devait venir, « pris du milieu » des enfants d’Ismaël : l’auteur lui-même, nouveau Moïse, accomplissement, réalisation, incarnation historique du véritable « bien-aimé », prophète et victime salutaire, « livré » à son tour, par la perfide trahison des faux frères (III 64-83 ; 122-123), à un véritable « calvaire » (qarhun ; III 140).
Dès lors, « la Torah et l’Évangile » ne sont que « la prophétie » de ce qui s’accomplit par les mains des enfants d’Ismaël, sous la conduite de l’auteur lui-même, objet véritable des faveurs divines en même temps que de l’attente des hommes, le muhammadun, le « bien-aimé », le « désiré » (III 144).
Ainsi s’explique la séquence « Moïse et Jésus » ; les « prophètes » viennent après eux (II 136 ; III 84). Jésus succède immédiatement à Moïse, comme un neveu succède à son oncle.
Par sa généalogie de « Jésus, fils de Marie » qui remonte à « Adam » par « Noé », par « ceux d’Abraham » et par « ceux d’Amram » (III 33), l’auteur abolit toutes les distances, jusqu’à ne plus faire, entre Moïse et Jésus, aucune « distinction » (II 136 ; III 84)
Né de Marie, toujours Vierge, sur « une parole » de Dieu (III 47), Jésus est « comme » un nouvel « Adam », pour l’auteur de la sourate III comme pour saint Paul (1 Co 15, 45), à ceci près : ce n’est pas ici une « création nouvelle » (1 Co 15, 45), puisqu’elle est en tout semblable à la première.
L’auteur est grand connaisseur et imitateur de saint Paul. La liste des contacts avec l’Apôtre est impressionnante et ne laisse aucun doute à cet égard :
1o L’un et l’autre donnent à Jésus l’appellation messianique évitée par Jésus lui-même avant sa Résurrection, mais devenue sa seconde dénomination à partir de la Pentecôte, dans la bouche des Apôtres : « le Christ » (’al-masîh ; III 45 ; cf. Ac 5, 42 ; Ga 5, 24 et passim), même si le Coran en évacue la signification.
2o Selon l’Épître aux Galates, Jésus est « né d’une femme » (Ga 4, 4). De même, nous avons vu que l’auteur ne manque jamais de rappeler que Jésus est « fils de Marie » (II 87, 253 ; III 45), elle-même désignée par le terme ’untâ, « femme », dès sa naissance (III 36).
3o Dans la même Épître, saint Paul déclare qu’il n’y a plus « ni Juif, ni Grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme ni femme », parce que tous ne font qu’un « dans le Christ Jésus », appartenant par Lui à « la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Ga 3, 2 . De la même manière, l’auteur du Coran déclare ne pas faire de distinction entre « Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les tribus » ; et pas davantage entre « Moïse, Jésus et les prophètes » (III 85).
Or, ne point faire de « distinction » entre Ismaël et Isaac, c’est, dans un premier temps, s’approprier tout le judaïsme au profit des arabes, enfants d’Ismaël. N’en point faire entre Moïse et Jésus, par une généalogie tronquée abolissant la distance des générations c’est, dans un deuxième temps, abolir la « distinction » entre l’Ancien et le Nouveau Testament, entre le judaïsme transféré aux enfants d’Ismaël, et le christianisme.
L’auteur tient « entre ses mains » l’Évangile (’injîl ) non seulement comme une « Voie », mais encore comme une « Rédemption » (furqân) descendue du ciel, à l’égal de la « Torah » (tawrât ). Point de distinction ; encore moins d’opposition, entre les « versets de Dieu » issus de l’un et de l’autre (III 3-4).
Ainsi toute la Bible se trouve-t-elle ramenée à une seule « alliance », celle que Dieu contracta avec Abraham et son fils Ismaël (II 125). Le coup de génie est d’avoir dérobé à saint Paul tout le ressort de son argumentation théologique, à seule fin d’affirmer la pérennité de l’alliance de Dieu avec Abraham et Ismaël, ancêtre éponyme des arabes.
4o Saint Paul a conscience d’être l’apôtre de Dieu et le successeur des prophètes. De même l’auteur a conscience d’être l’oracle de Dieu. Successeur de Moïse et de Jésus (II 67-73, 136, 151-153 ; III 84), il a été choisi, « objet de prédilection » (III 144), pour annoncer la « bonne nouvelle » (II 97, 119 ; III 126) de l’accomplissement des promesses faites à Abraham (II 127). Et il le fait avec une assurance qui vient de Dieu, comme saint Paul (1 Th 2, 2 ; III, 159).
En outre, les contacts avec l’Évangile sont tellement étroits et nombreux que Georges de Nantes n’hésite pas à discerner dans la pensée de l’auteur, au-delà d’une claire volonté d’imiter saint Paul, l’intention à peine voilée de se substituer à Jésus lui-même.
De fait, voici des paroles dans le style du quatrième Évangile : « C’est pour le Dieu que je suis parfait moi-même, avec celui qui me cherche. » (III 20 ; cf. Jn 17) Et encore : « Si vous aimez le Dieu, cherchez-moi. Le Dieu vous aimera. » (III 31 ; cf. Jn 14, 23) Mais c’est sur lui-même que l’auteur attire l’attention, se substituant au Christ et s’attribuant ses paroles et sa puissance d’intercession.
Le verset 144 de la sourate III, où l’auteur s’attribue le nom divin de muhammadun, incompris des commentateurs et indûment interprété comme un nom propre, achève de révéler cette ambition et marque d’ores et déjà le sommet du Coran.
« BIEN-AIMÉ » (muhammadun)
Nous retrouverons ce mot à trois reprises (XXXIII 40 ; XLVII 2 ; XLVIII 29). Morphologiquement, muhammad est un participe passif dérivé de la racine biblique hmd, transcription arabe de la racine biblique hâmad, « désirer, convoiter », dont les substantifs dérivés signifient : « splendeur, richesse » (Is 2, 16 ; Jr 3, 19 et passim). Dans la première sourate, il désigne « l’amour » que l’on doit « au Dieu Maître des siècles » (I 2).
Une inscription sud-arabique donne le terme mhmd pour le nom du « Dieu des juifs » avec le sens de « objet de louange ». Dans le Coran, muhammadun qualifie un homme, « oracle » (rasûlun) du Dieu, comme dans le Livre de Daniel ’îsh hamudôt, « homme des prédilections », désigne le prophète Daniel (Dn 9, 23 ; 10, 11. 19). Le préfixe m du mot arabe muhammadun remplace le substantif ’îsh, « homme », de l’expression hébraïque, de telle sorte que le verset 144 de la sourate III peut se traduire ainsi : « Un “ bien-aimé ” n’est qu’un oracle. »
L’interprétation traditionnelle dont dépendent toutes les traductions : « Mahomet n’est qu’un Apôtre » (Régis Blachère), « Muhammad n’est qu’un prophète » (Denise Masson) plonge les commentateurs dans l’embarras, les conduisant à fournir les explications les plus contradictoires, à partir des données de la “ Tradition ” musulmane, traduisant leur totale incompréhension. Selon notre interprétation, fondée uniquement sur le texte et le contexte coraniques, le mot muhammadun désigne indubitablement l’auteur de la sourate III. Objet des faveurs divines, « bien-aimé », muhammadun, sur qui « sont descendus l’Écriture, la Sagesse, la Torah et l’Évangile », il est aussi l’objet de l’attente des hommes, « désiré », muhammadun, depuis que « le Christ-Jésus, fils de Marie », l’a « annoncé ».
Est-ce là son nom propre ? Il est difficile de le soutenir, sachant que muhammadun se métamorphose une fois, dans le Coran, en ’ahmd, sans explication onomastique satisfaisante (LXI 6).
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|  | | Willy Admin

Age : 23 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 569
 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Ven 6 Juin - 19:50 | |
| | Citation: | LA LÉGENDE DE MAHOMET
Par les « chaînes de garants », dont le Père Lammens a établi l’absence de valeur historique, on parvient aux premiers recueils de « Traditions », selon lesquelles Mahomet est né à La Mecque d’un père appelé ’abd Allah et d’une mère nommée Amîna. À sa naissance, l’enfant portait entre les deux épaules, dans le dos, le sceau de la prophétie, comme une grosse verrue....
Mis en nourrice chez les bédouins du désert, l’enfant y connut une purification : deux anges ouvrirent sa poitrine, en tirèrent le cœur, le nettoyèrent soigneusement et le remirent à sa place, etc.
Un jour, aux abords de la caverne du mont Hîra, près de La Mecque, où Mahomet faisait retraite chaque année, une voix se fit entendre, prononçant trois mots arabes : « Tu es l’envoyé de Dieu ! » L’événement est traditionnellement daté des environs de l’année 610 de l’ère chrétienne. C’était la voix de l’ange Gabriel qui lui révélera le Coran en une seule nuit du mois de Ramadân. Cette révélation fut ensuite répétée en diverses circonstances au cours desquelles Mahomet était parfois parcouru d’incoercibles frissons et demandait qu’on l’enveloppât de laine. D’autres fois, au contraire, son front ruisselait de sueur, même par un froid très vif, etc.
Une nuit, l’ange Gabriel éveilla Mahomet endormi à la Ka ’ba, et le conduisit à la porte où se tenait « un animal blanc, tenant de la mule et de l’âne, qui portait sur ses flancs des ailes qui lui servaient à mouvoir ses pattes ; et chacune de ses foulées couvrait la distance que l’œil est capable d’embrasser ». Cet extrait de la Vie du fondateur de l’islam, composée au huitième siècle par Ibn Ishâq, donne une idée des sources auxquelles puisent de savants orientalistes qui consacrent des livres épais à cette légende, sans égard aux règles de la critique des témoignages.
Pour notre part, après nous être appliqué à une recherche linguistique dont le présent article donne quelques exemples, il nous est permis de proposer une traduction rigoureuse du Coran, suggérant une hypothèse nouvelle sur les origines historiques de l’islâm.
UNE SEULE RÉVÉLATION
Nous avons d’abord établi que l’auteur était le rédacteur, mais non pas le compositeur de la sourate I, prière déjà ancienne, purement juive, dépourvue de tout caractère spécifiquement “ musulman ” (notre tome I, p. 283-290).
« Le Dieu » (Allah) auquel il s’adresse est le Dieu de Moïse. Le nom même d’ “ Allah ” n’est pas un nom propre mais un nom commun : ’ilâh, transcription de l’araméen ’élâh, précédé de l’article défini ’al. Par contraction, ’al-’ilâh devient ’allâh : « le Dieu ». Quel Dieu ? La réponse vient de l’expression qui suit immédiatement : ’ar-rahmâni r-rahîmi, « le Miséricordieux plein de miséricorde », en apposition au « nom de Dieu » que l’on vient d’invoquer, comme dans le livre de l’Exode, rihamti ’ èt-’ashèr ’arahèm : « Je fais miséricorde à qui je fais miséricorde », définit le « Nom de Yahweh » prononcé par Dieu devant Moïse (Ex 33, 19), et ’èl‑rahûm, « le Miséricordieux » est le Nom de Dieu « crié » par Yahweh devant Moïse à deux reprises (Ex 34, 6).
’ar-rahmâni r-rahîmi, invoqué ensuite au début de chacune des sourates, désigne donc explicitement le Dieu de l’Horeb dans l’acte même de sa révélation à Moïse. Si nous en doutions encore, le nom biblique d’Élohîm, employé à deux reprises, suffirait à nous en persuader (III 26 ; V 114).
Témoin d’un premier effort de judaïsation de l’Arabie, la sourate I est aussi le premier document connu de la littérature arabe. La coïncidence est si remarquable qu’il est permis d’y voir une relation de cause à effet, comme si la langue coranique avait été créée pour les besoins de cette cause : la judaïsation de l’Arabie, entreprise à l’encontre d’une influence chrétienne antérieure bien attestée par les documents de l’épigraphie (supra, p. 10-11). Toutes les données que nous avons rassemblées vérifient une nouvelle fois cette vérité formulée au siècle dernier par François Nau : « Ce sont des chrétiens surtout qui ont créé des alphabets pour les peuples qu’ils convertissaient et qui leur ont appris à lire et à écrire. L’arabe dit classique ne fait pas exception. Son alphabet est dû aux chrétiens ; car c’est chez les Arabes chrétiens de Syrie qu’on trouve les plus anciens spécimens de cette écriture. » (Les Arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie du septième au huitième siècle, Paris, 1933, p. 96)
Les deux inscriptions de Zabad (supra, p. 10) et de Harrân (supra, p. 11) montrent, en effet, qu’au sixième siècle la langue et l’écriture arabes étaient fixées et utilisées dans les communautés chrétiennes de Syrie, conjointement avec le grec et le syriaque. « Il ne semble cependant pas qu’on ait beaucoup employé l’arabe, car il était en somme illisible. » (ibid., p. 9
C’est ce qui va changer avec l’irruption du Coran, œuvre d’un génie incomparable.
À la différence de la sourate I, la prière à « Notre Maître », qui conclut la sourate II, est de sa composition. Et cette sourate elle-même n’est que le récit, en termes “ scripturaires ”, des événements de 610-614, interprétés comme un nouvel Exode. Ce retour à l’Ancien Testament a pour premier corollaire la guerre sainte (djihâd) pour la conquête de Jérusalem (II 208) et le relèvement de la « Maison » (bayt ), « Lieu d’Abraham » (maqâmu ’ibrâhima), afin d’y accomplir « pèlerinage » (hijju), et de restaurer le « Royaume » (mulk ), de « l’Élohîm » (’al-llahum ; III 26).
Depuis que les Romains avaient détruit le Temple de Jérusalem, en 70 après Jésus-Christ, ne laissant pas pierre sur pierre, selon la prophétie de Notre-Seigneur (Mc 13, 1-2), seules demeuraient en place « les assises » (en arabe : ’al-qawâ‘ida ) de l’immense esplanade construite par Hérode sur l’emplacement du Temple de Salomon, cette « Maison » (bayit ) que le Seigneur consacra lui-même en y plaçant son Nom à jamais (1 R 9, 3).
Moins de six siècles plus tard, un « Himyarite de grande tente », comme l’abbé de Nantes identifie l’auteur du Coran, conçoit le projet d’établir « la Maison d’Abraham » sur ses « bases » : ’al-qawâ‘ida. Aux juifs qui se prévalaient de la Loi, saint Paul opposait les promesses faites à Abraham avant la promulgation de la Loi (Ga 3, 17). De même, l’auteur du Coran soutient qu’avant l’alliance avec les enfants d’Israël, qui dégénéra en « schisme » opposant les « Juifs » aux « Nazoréens », comme il appelle les Chrétiens, subsistait la foi des fils d’Abraham, en particulier ceux de la servitude, les Ismaélites, ancêtres des Arabes (III 64-6 . Que resplendisse donc de nouveau la « Maison » (bayit ), le « Lieu d’Abraham » (maqâm ’ibrâhim), selon la promesse mise hardiment par l’auteur dans la bouche de Dieu prévoyant « l’apostasie » des Juifs et des Nazoréens :
« Alors, Abraham rétablira les assises (’al-qawâ‘ida ) du Temple avec Ismaël. » (II 127)
Et le monde connaîtra enfin la paix.
Si cette prétention était une pure invention, sans fondement biblique, elle aurait sombré dans le ridicule, et n’aurait sans doute jamais réussi à s’imposer comme révélation divine à des milliards d’êtres humains. Mais il faut reconnaître qu’il y a du vrai, puisque le signe de l’alliance est la circoncision. Or, Ismaël fut circoncis avant Isaac (Gn 17, 23-26). D’ailleurs, saint Paul lui-même n’a-t-il pas écrit que la première alliance se rattache au Sinaï et que « c’est Agar, car le Sinaï est en Arabie » (Ga 4, 24-25) ?
La première alliance, c’est Agar, mère d’Ismaël, ancêtre des Arabes... Telle est l’affirmation centrale, capitale, profondément antichrist, du Coran. Elle évacue, au bénéfice d’Ismaël et de sa race, l’élection exclusive, le privilège singulier d’Isaac, en prétendant que la séparation et la concurrence que se font les religions juive et chrétienne sont un « schisme postérieur » à l’alliance première d’un Dieu qui ne change pas.
L’auteur n’a donc pas pour dessein de fonder une troisième religion, mais d’abolir les deux autres en restaurant ce qu’il considère comme la seule tradition abrahamique authentique.
UN “ PÈLERINAGE ” QUI TOURNE À LA GUERRE SAINTE
Dans ce but, il a, tel Abraham, « quitté sa tente » et « posté les fidèles pour le combat » (III 121).
Si l’on récuse la légende musulmane postérieure, pour s’en tenir au texte du Coran rapporté aux données attestées par l’histoire positive, une hypothèse s’impose : chef de l’expédition sarrasine qui se joignit à la coalition judéo-perse de 614, l’auteur a, tel Josué, conduit les enfants d’Ismaël à la conquête du « Pays » (II 11, 168), jusqu’aux « portes du Dieu » (II 158, 189), dénomination désignant respectivement le mont Scopus, éminence sise au nord de Jérusalem, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part, et une localité de la montagne de Juda, d’autre part. Ils ont « déferlé d’Arabie » (II 198), sont entrés dans Jérusalem (II 208). Tel un nouveau David, l’auteur, d’abord victorieux, fit obstacle au désir de domination universelle, tant des juifs que des chrétiens (III 151-152), non sans renouer cependant avec la grande politique théocratique d’Isaïe et avec son universalisme, mais pour asservir le monde aux enfants d’Ismaël.
Le premier élan de cette conquête victorieuse fut brisé et se transforma en un véritable « calvaire » (qarhun ; III 140, 172), du fait d’embûches tendues, de trahisons fomentées par la perfidie de faux frères, les enfants d’Israël. De plus, des murmures se sont élevés dans les rangs des enfants d’Ismaël eux-mêmes.
Finalement, ceux-ci ont été « dispersés » (III 123), et « expulsés » (III 195).
C’est alors que l’auteur, loin de renoncer à son grand dessein, a rédigé la sourate III pour raffermir le courage des « hésitants » par cette « Écriture », tirant de l’échec même une promesse de « restauration », de « retour » définitif, à la manière de Jésus faisant toujours suivre l’annonce de sa Passion et de sa mort, de celle de sa résurrection ; ou encore à la manière de saint Paul tirant toute sa force de sa « faiblesse » même.
Cette première étape historique, située entre les années 614 et 638, se déroule entre la défaite et la victoire d’un parti d’arabes dont l’auteur du Coran paraît bien avoir été l’oracle et le chef. La suite nous en apprendra davantage.
Il nous est pourtant permis de tirer une première conclusion de l’abondance des emprunts faits à la Bible par l’auteur. Ils nous conduisent à considérer ce dernier, non pas comme le bénéficiaire d’une hypothétique révélation particulière, mais comme un « frère séparé » vivant encore de la sève première qui monte du tronc vigoureux de la religion mère. Car il n’existe au monde qu’un Livre qui puisse être considéré sans démission de l’esprit comme révélation divine, c’est la Bible, témoin d’événements inouïs sur lesquels se fonde à bon droit la foi d’innombrables chrétiens.
Georges de Nantes écrivait, dans l’article-programme cité en commençant, une vérité dont l’auteur du Coran nous paraît lui-même pénétré :
« Dans une langue rudimentaire, où se manifeste la faiblesse incroyable des hommes inspirés, la pauvreté primitive des témoins, paraît l’inoubliable révélation de la Geste et de la Parole du Dieu des juifs et des chrétiens. Qui la refuse encore se trouve devant un ensemble, unique dans l’histoire, d’événements sans explication d’ordre naturel suffisante et de profondes vérités religieuses sans source antérieure ou extérieure connue. Il faut donc bien reconnaître là une antériorité vénérable au peuple juif qui reçut la révélation ; il faut aussi que la civilisation qui est nôtre, fondée sur cet héritage unique, garde un sentiment de juste fierté et n’abdique pas sa mission de chef de file. »
À cet égard, il est indiscutablement bon, il est même urgent de détruire la prétention à la suprématie religieuse et politique fondée par l’islam sur sa croyance à une révélation exclusivement et spécifiquement arabe. « C’est à une telle croyance que notre monde doit l’un de ses plus constants motifs de guerre inexpiable », observait encore l’abbé de Nantes, fixant l’objectif du « dialogue authentique entre chrétiens et musulmans », préconisé l’autre jour par Benoît XVI à Ankara :
« Faire rentrer l’islam dans la communauté des fidèles de la Bible, des fils d’Abraham, serait une œuvre magnifique [...]. Quand donc tous les petits enfants du monde apprendront-ils les magnifiques histoires d’Abraham, de Moïse et d’Élie ! Alors, ce patrimoine commun à l’humanité aidera la communauté d’une même civilisation spirituelle. » (À suivre)
http://www.crc-resurrection.org/accueil.asp?site=1&id=1686 |
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 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Lun 9 Juin - 16:11 | |
| | Citation: | 2. L’ISLAM, ENTRE MYTHE ET HISTOIRE
Le Coran vient d’être traduit en kabyle. Tirée à 1 000 exemplaires, distribuée dans la région de Tizi-Ouzou, en Kabylie, dans une Algérie où l’islam est religion d’État, et la langue kabyle reconnue seconde langue nationale après l’arabe par la Constitution algérienne, cette édition consacre la prétention de l’islam à la suprématie religieuse et politique, fondée sur sa croyance à une révélation divine.
Il est donc urgent que nous examinions les titres de cette croyance avant de nous faire musulmans comme les Berbères qui, pourtant, ont été chrétiens avant nous Gallo-Romains...
Car le dernier numéro du Monde de la Bible aurait de quoi nous faire perdre la foi. En effet, il explique savamment que les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, sont des « figures légendaires » ; Moïse aussi ; David aussi... La Science a parlé ! Ces saints personnages n’ont donc jamais existé. Et toute notre “ Histoire sainte ” est à ranger au rayon des mythologies. En revanche, nul ne songe à mettre en question l’existence de Mahomet le Prophète au nom de la Science !
Il y a cinquante ans, l’abbé de Nantes s’étonnait déjà de ce paradoxe : « Catholiques et incroyants ont l’habitude, encore aujourd’hui, malgré leur sens hypercritique, de considérer l’islam comme un vieux frère qui a fait ses preuves et demeure sans fissure, comme un édifice éternel. » Il décidait alors d’étudier la question de plus près. Il en est résulté cinquante ans d’étude parallèle de la Bible et du Coran aboutissant à une vérité scientifique solidement établie, dont notre foi catholique n’a rien à redouter et qui, seule, peut servir de fondement à un dialogue fructueux avec l’islam. En effet, ces travaux nous permettent aujourd’hui de conclure, sans que subsiste le moindre doute, qu’Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et David sont bien des personnages historiques, tandis que “ Mahomet le Prophète ” est un mythe.
ÉCRITURE ET TRADITION
Il suffit d’appliquer la même méthode scientifique, dite “ historico-critique ” à la tradition biblique, juive et chrétienne, d’une part, à la tradition musulmane et au Coran, d’autre part, pour faire une première constatation : la vie de Mahomet et l’histoire de la “ conquête arabe ” ont été inventées de toutes pièces pour expliquer un livre, le Coran, qui les précède l’une et l’autre. Tandis que la tradition juive et chrétienne est première, et les écrits, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, viennent après les événements fondateurs, pour en consigner les récits transmis par la tradition.
En effet, la prétendue “ Tradition ” musulmane n’en est pas une. Le Père Lammens l’a établi au siècle dernier (cf. Il est ressuscité no 53, p. 9). Tandis que la Bible raconte des événements passés, transmis par une tradition bien antérieure aux écrits, garantie par l’inspiration... et confirmée, de surcroît, par les découvertes archéologiques.
Conséquence : appliquée au Coran, la méthode “ historico-critique ” consiste à comparer l’histoire légendaire que nous raconte la “ Tradition ” musulmane au texte du Coran qu’elle prétend expliquer.
La première question qui se pose est donc de savoir ce que dit le texte.
Les traductions “ officielles ” du Coran ne sont pas fiables puisqu’elles dépendent entièrement de la légende, selon le cercle vicieux dénoncé par le Père Lammens lorsqu’il observait que la rédaction de la vie de Mahomet (sirâ ) « relève non de deux sources parallèles et indépendantes, se complétant et se contrôlant mutuellement, mais d’une seule, le Coran, servilement interprété et développé par la Tradition d’après des idées préconçues [...] essayant de préciser le sens, de mettre partout des dates, des noms propres. Produit de cette exégèse, procédant au petit bonheur, la sirâ reste à écrire, comme le Mahomet historique à découvrir. » (cité en préface de notre traduction du Coran, t. I, p. xv)
Que nous dit en effet la “ Tradition ” ?
Que Mahomet est né à La Mekke. Or, nous l’avons dit, on ne trouve pas dans le Coran le nom de La Mekke, mais seulement celui de « bakka » (III 96).
Que veut dire « bakka » ? C’est toute la question. Apparemment insoluble, du fait que nous ne disposons pas de dictionnaire arabe, faute de littérature arabe antérieure au Coran.
Pourtant, une chose est certaine : La Mekke, donnée traditionnellement pour une grande étape de la « route de l’encens » en provenance de l’Arabie du Sud, sur la foi de la Tradition musulmane, est absente de toutes les cartes anciennes de la péninsule arabique. On ne la trouve pas dans la Géographie de Ptolémée. La première énigme est donc celle du lieu où se situent les événements fondateurs de l’islam !
La deuxième énigme est celle de l’auteur du Coran, car il n’y a pas plus de Mahomet dans l’histoire attestée qu’il n’existe de “ Mekke ” dans la géographie réelle... Il y a seulement un écrivain qui s’attribue le nom divin de muhammad, incompris des commentateurs et indûment interprété comme un nom propre.
Le Père Lammens, pour sa part, n’a pas tenté de résoudre l’énigme, ni personne après lui, « l’exégèse scientifique du Coran restant à créer », reconnaissait-il, sans s’y risquer lui-même. Faute de quoi, l’islamologie persiste depuis cent ans dans une logomachie contraire non seulement à la méthode “ historico-critique ”, mais au simple bon sens.
CLEF DE LECTURE
L’abbé de Nantes tenait beaucoup à confronter sans cesse la traduction officielle à celle que nous proposions, afin que le lecteur puisse en juger par lui-même. Il nous en suggère un bon exemple dans sa postface au tome II de notre traduction : « Ah ! mon fils, quelle collection de perles vous nous offrez là ! Il faut le lire pour le croire : “ ( Les fils d’Israël ) machinèrent (contre Jésus, mais) Allah machina (contre eux) et Il est le meilleur de ceux qui machinent. ” textuel ! C’est signé Régis Blachère, professeur à la Faculté des lettres de Paris. “ Machiner le machin ”, voilà une fameuse devinette ! » (Georges de Nantes, postface à notre tome II, p. 290)
En voici la solution. Il s’agit d’un passage de la sourate III concernant Jésus. Ce verset est d’un laconisme déconcertant, avec un seul verbe, répété trois fois. Sans sujet la première fois, ni complément : makarû. La clef de l’énigme ? Ce verbe arabe est la pure et simple transposition du verbe hébreu mâkhar, « vendre », employé dans la Bible à propos de Joseph vendu par ses frères : « Ils vendirent (yimkerû ) Joseph aux Ismaélites pour vingt pièces d’argent. » (Gn 37, 2
Dès lors, le verset se traduit ainsi :
« Alors, ils livrèrent et le Dieu livra, mais le Dieu délivre ceux qui sont livrés. » (III 54).
Qui « a livré » qui ? Selon l’Évangile, c’est Judas qui a livré Jésus (Mc 14, 10-11 ; cf. Jn 6, 71), selon ce passage du Coran consacré à « Jésus fils de Marie », c’est « ceux qui suivaient » Jésus, c’est-à-dire ses disciples, se disant « les Nazôréens du Dieu », et se déclarant « parfaits (muslimûn) » ; non pas « soumis », mais « parfaits », comme nous l’expliquerons plus loin :
« Ceux qui suivaient disaient : “ Nous sommes les Nazôréens du Dieu. Nous croyons au Dieu. Sois-en donc témoin : nous sommes parfaits. ” » (III 52).
Les disciples de Jésus se proclament « parfaits (muslimûn) », en raison de leur profession de foi. Non seulement ils se rendent à eux-mêmes ce bon témoignage, mais encore ils en prennent Jésus à témoin. C’est, par rapport à l’Évangile où les disciples de Jésus sont les témoins de sa « perfection » à lui (Jn 8, 46), un complet renversement des rôles !
Dans quel but ? sinon faire de Jésus le témoin de l’islâm, la religion « parfaite », et de tous les chrétiens des Judas ! Ils ont livré Jésus en dépit de leur profession d’islâm dont ils révélèrent ainsi l’hypocrisie dénoncée dès le début du Coran (cf. II 2-14). Toujours les Nazôréens ont trahi l’islâm. Telle est la leçon de l’histoire de Jésus « livré ».
L’auteur du Coran affirme cependant que cela même était dans le dessein de Dieu : « Ils livrèrent et le Dieu livra, mais le Dieu délivre ceux qui sont livrés. » Il parle comme saint Pierre le jour de la Pentecôte : « Cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès. » (Ac 2, 23-24)
Toutefois, le Coran s’écarte du Nouveau Testament en omettant le récit de la mort et de la résurrection de Jésus, celui de sa nativité, de sa vie, cachée ou publique. Que reste-t-il ? Des « annonces », qui font comme des prophéties : l’intention est manifestement de proposer Jésus en figure de celui qui devait venir, « pris du milieu » des enfants d’Ismaël, à savoir l’auteur du Coran lui-même (Il est ressuscité n° 53, p. 14-15) !
Cet auteur aurait-il fait l’expérience d’une trahison semblable à celle que subit Jésus de la part de « ceux qui le suivaient » ? C’est en effet ce que nous révèle une traduction attentive, mais scientifique, du texte du Coran, en nous découvrant une histoire bien différente de celle que nous raconte la légende traditionnelle.
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 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Jeu 12 Juin - 10:56 | |
| | Citation: | ÉCRITURE (kitâb) ET LECTURE (qur’an)
En tout premier lieu, il ne faut pas nous représenter la péninsule arabique comme un vaste désert peuplé par les nomades faméliques et querelleurs décrits par la légende musulmane, à seule fin d’y faire surgir soudain « Mahomet », tenant son Livre saint à la main, et commençant la conquête de La Mecque, de l’Arabie, et puis du monde. Quelques oasis du Hedjaz, du nord de la péninsule et de la région du golfe Persique, d’une part, les montagnes bien arrosées du Yémen et de l’Oman d’autre part, ont été occupées depuis des temps très anciens par des populations sédentaires, rapidement organisées en États relativement complexes, dont les principales activités étaient l’agriculture, le commerce caravanier et, au sud de la péninsule, la production de l’encens et des aromates. Ces États étaient certainement dotés d’administrations qui faisaient usage de l’écriture. Celle-ci est donc assurément ancienne en Arabie, bien que les plus anciens documents écrits, actuellement connus, ne semblent pas antérieurs au sixième ou au cinquième siècle avant notre ère. Tandis que le phénicien qui est à l’origine de l’araméen, de l’hébreu, du grec, est antérieur au treizième siècle.
Et l’arabe ? L’auteur du Coran affirme avoir enseigné l’ « écriture (kitâb ) » et la « lecture (qur’ân) », aux enfants d’Ismaël. De fait, la sourate I constitue le premier témoignage littéraire d’une écriture arabe dérivée de l’écriture nabatéenne, elle-même apparue au deuxième siècle environ comme une variante cursive de l’alphabet araméen. L’arabe apparaît, lui, non pas comme une langue commerciale, mais d’abord comme une langue religieuse. Les témoignages épigraphiques en font foi : c’est seulement au sixième siècle de notre ère qu’un texte vraiment « arabe » surgit pour la première fois, avec l’inscription de Zabad (reproduite dans le n° 53 de Il est ressuscité, janvier 2007, p. 10), dans la région syro-mésopotamienne (voyez la carte), et cette inscription est chrétienne. Le terme de l’évolution paraît définitivement atteint avec l’inscription de Harrân, qui porte la date de 568 et est encore chrétienne (ibid., p. 11).
Le fait est bien connu : « Ce sont les chrétiens surtout qui ont créé des alphabets pour les peuples qu’ils convertissaient, et qui leur ont appris à lire et à écrire. L’arabe dit classique ne fait pas exception. Son alphabet est dû aux chrétiens ; car c’est chez les Arabes chrétiens de Syrie qu’on trouve les plus anciens spécimens de cette écriture. » (François Nau, Les Arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie du septième au huitième siècle, Paris, 1933, p. 96)
Les deux inscriptions de Zabad et de Harrân montrent en effet qu’au sixième siècle, la langue et l’écriture arabes étaient fixées, et utilisées dans les communautés chrétiennes de Syrie, conjointement avec le grec et le syriaque.
« Il ne semble cependant pas qu’on ait beaucoup employé l’arabe, car il était en somme illisible. » (ibid., p. 9
À Zabad, l’inscription grecque - araméenne - arabe, n’est pas une inscription trilingue à proprement parler, car les trois langues ne donnent pas le même texte. C’est une bilingue grecque-syriaque, à laquelle ont été ajoutés plus tard de nouveaux noms propres grecs et arabes.
À Harrân, l’inscription est bilingue : grecque-arabe. Le grec a servi de base aux laborieuses tentatives de déchiffrement de l’arabe. Il n’en va pas autrement du Coran : il nous faut faire appel à toutes les langues en usage en Orient, surtout l’hébreu et l’araméen, pour le déchiffrer et le traduire. Mais aussi le grec, dès les premiers mots : « L’Écrit que voici contient une Voie sans querelle pour les prédestinés. » (II 2)
« Une Voie (hudan) » est directement transcrit du grec hodos, la « Voie », qui désigne Jésus lui-même, dans le Nouveau Testament (Jn 14, 6), et ceux qui le suivent (Ac 9, 2). Dans le Coran, il s’agit d’une « Voie » bien différente, objet d’un enseignement dont le mot clef est ‘aliyyâh, « montée » !
À LA RECHERCHE D’UN ITINÉRAIRE
« Montez ! » (ta‘âlaw ; III, 61), de l’hébreu ‘âlâh. Où ? À Jérusalem (’as-salam ; II 208 ; IV 90, 91, 94 ; V 16) ! L’auteur parle comme Isaïe : « Venez, montons (na‘alèh) à la montagne de Yahweh » (Is 2, 2), et il agit comme Jésus qui, un jour, « durcit son visage » pour le tourner vers Jérusalem, y « monter » afin d’y souffrir mort et passion (cf. Lc 9, 51 ; 13, 22 ; 19, 2 .
Mais lui y monte en chef de guerre :
« Montez ! Convoquons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, puis nous sèmerons l’épouvante et jetterons la malédiction du Dieu sur les menteurs. » (III 61)
Son appel est un enchaînement de réminiscences bibliques, d’une puissante résonance eschatologique, comme pour un jugement dernier.
Un petit tableau synoptique suffit à mettre en lumière la connaissance approfondie que l’auteur a de la Bible, à laquelle il se réfère d’ailleurs en propre terme, transcrivant en arabe le terme grec biblia (II 102).
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(Sourate II, verset 195)
Sortez !
(Jérémie 50, 
Sortez !
(Isaïe 48, 20)
Sortez de Babylone !
(Apocalypse 18, 4)
Sortez, ô mon peuple !
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dans le sentier du Dieu
(Isaïe 40, 3)
Préparez dans le désert une route pour Yahweh
Tracez droit dans la steppe un chemin pour notre Dieu.
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rendez fortes vos mains. jusqu’à la procession.
(Isaïe 35, 3)
Rendez fortes les mains fatiguées et fermes les genoux chancelants.
-------------------------------------------------------------
Le mot de “ procession ”, transcrit de l’hébreu, désigne dans le Livre de Néhémie, la cérémonie qui marqua la dédicace des nouveaux remparts de Jérusalem, après le retour d’exil (Ne 12, 31). Tel un nouveau Néhémie, l’auteur se promet de former la « procession » lorsque les enfants d’Ismaël auront remporté la victoire.
Commencée par la « sortie » sur le « sentier du Dieu », renouvelant le premier « pèlerinage » (hajj ) des enfants d’Israël sortis d’Égypte et marchant vers la Terre promise, ils achèveront leur « montée (‘aliyyâh) » à Jérusalem pour y célébrer la nouvelle Pâque (II 158, 196).
Jérusalem, où l’on entre par les « portes du Dieu » (II 158) désignées par leurs noms : ’as-safâ, transcription arabe de ha-sôphîm, « la sentinelle », nom d’une éminence sise au nord de Jérusalem d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, d’une part ; et ’al-marwat, transcription de mârôt, localité de la montagne de Juda sise « à la porte (le-ša‘ar ) », selon le livre de Michée (Mi 1, 12), d’autre part.
« Oui, ’as-safâ et ’al-marwat sont parmi les portes (ša‘â’iri ) du Dieu. » (II 158)
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 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Ven 13 Juin - 15:42 | |
| | Citation: | « LA MAISON D’ABRAHAM »
Que vient faire ici Jérusalem ? Cette Cité sainte est tout simplement le but d’un pèlerinage (hajj ) le pèlerinage par excellence depuis l’antiquité. Après la conversion de Constantin, les chrétiens commencèrent à se rendre à Jérusalem, via le mont Nébo, et l’Arabie ! sur les pas des patriarches Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils, s’identifiant ainsi au peuple de Dieu qui suivit Moïse dans le désert, mais pour se rendre en Terre promise.
Les “ musulmans ” sont seulement des “ pèlerins ” d’un nouveau genre... Qu’ont-ils trouvé à Jérusalem ?
Pour répondre à cette question, il nous suffit de lire le journal... en 2007 après Jésus-Christ ! Nous y apprenons que les Israéliens entreprennent des travaux de soutènement, sous l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem ; le commencement des travaux a donné lieu, le mois dernier, à de violents affrontements entre les forces de l’ordre israéliennes et les Palestiniens. Le mufti a stigmatisé les travaux et dénoncé la « politique de judaïsation de Jérusalem ». Selon l’Office de protection des biens religieux musulmans, ces travaux menaçaient les fondations de l’esplanade sur laquelle a été construite la mosquée Al-Aqsa.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Nous avons expliqué que la restauration des « assises du Temple » était précisément le but que se proposait l’auteur du Coran (II 127 ; cf. Il est ressuscité no 53, janvier 2007, p. 7-1 . En arabe, l’expression est aujourd’hui comprise de tout le monde : rétablir les assises, ’al-qawâ‘ida.
Vous avez dit : Al Qa’ida ?
« Abraham rétablira les assises du Temple... avec Ismaël. » Et voilà comment Israël est évacué au profit d’Ismaël ! Où l’on voit que la référence à Abraham est une pierre d’achoppement, cause de discorde plutôt que de concorde “ interreligieuse ”, depuis treize siècles !
Il en irait tout autrement si nous nous tournions vers la fille d’Abraham, la Vierge Marie. C’est ce que nous allons découvrir.
Déjà, au quatrième siècle, sous le règne de Julien l’Apostat (361-363), le projet des juifs avait été de reconstruire le Temple. Ils en obtinrent la permission de l’empereur. Mais « un tremblement de terre et un feu jailli des fondations entraînèrent l’arrêt des travaux à peine commencés, non seulement parce qu’ils en rendaient la poursuite impossible matériellement, mais parce qu’ils ont été compris comme un châtiment divin condamnant l’entreprise. » (Françoise Thelamon, Païens et chrétiens au quatrième siècle. L’apport de l’ « Histoire ecclésiastique » de Rufin d’Aquilée, Études augustiniennes, 1981, p. 294-309)
Il faut lire Rufin d’Aquilée (début du cinquième siècle) pour mesurer l’immense retentissement de l’événement sur les contemporains et sur les générations suivantes :
« Et voilà que, la dernière nuit avant le début des travaux, a lieu un violent tremblement de terre. Non seulement les blocs des fondations sont projetés de tous côtés mais encore presque tous les édifices de l’endroit sont démolis. Les portiques publics où était installée une foule de juifs qui s’occupaient de la réalisation de l’ouvrage, s’écroulèrent et écrasèrent tous les juifs qui s’y trouvaient. Mais quand le jour fut levé, comme ils croyaient avoir échappé au malheur, les autres accoururent pour rechercher ceux qui avaient été ensevelis sous les décombres.
« Il y avait un local enfoncé dans les parties basses du Temple, dont l’entrée se trouvait entre les deux portiques qui s’étaient effondrés ; on y rangeait des outils et tout ce qui était nécessaire pour le travail. Soudain, une boule de feu en jaillit et, parcourant toute la place, elle se déplaçait en tous sens, brûlant et tuant les juifs qui étaient là. Ce prodige, en se répétant à diverses reprises et à brefs intervalles pendant la journée, réprimait, par des flammes vengeresses, la témérité de ce peuple obstiné. » (ibid., p. 304)
Le prodige est si bien attesté qu’il est impossible de le mettre en doute, quelle que soit l’explication donnée par l’historien : « Un tremblement de terre a eu lieu en Palestine en mai 363, arrêtant le 19 mai les travaux commencés le 18. Il peut avoir provoqué une explosion de gaz accumulé dans un local souterrain, suivie d’un incendie qui aura détruit les matériaux et fait des victimes » (ibid., p. 304).
Deux cent cinquante ans plus tard, au début du septième siècle, le Coran s’en fait encore l’écho, en témoignant d’un événement qui peut être daté de la conquête de Jérusalem par les Perses et leurs alliés « Saracènes », en 614. L’auteur raconte que « le feu » (’an-nâr ; III 103) était toujours dans le « trou » mais, cette fois, il a épargné les enfants d’Ismaël par une « douceur » du Dieu : « Alors que vous étiez au bord d’un trou de feu, Il vous a sauvés. »
« Abraham rétablira les assises du Temple (bayt) avec Ismaël. » (III 127) Le mot arabe bayt est transposé de l’hébreu bayit, qui signifie « maison », et plus encore « Temple ». Il est employé deux versets plus haut pour désigner « le Lieu d’Abraham » (II 125), autrement dit : le Temple de Jérusalem dont une tradition constante place la construction sur le mont Moriyya, lieu du sacrifice d’Isaac par Abraham.
Les commentateurs, inventeurs de la “ Tradition ”, traduisent bayt par « Maison », et identifient cette « Maison » avec l’édifice situé actuellement dans la cour de la grande mosquée de La Mekke, appelée Ka‘ba.
Or, il n’est jamais question de La Mekke dans le Coran, nous l’avons dit, mais seulement de bakka (III 96), que les orientalistes modifient en makka, sans aucune justification. Et bakka nous ramène à Jérusalem, inexorablement. Il désigne le « val de bâkâ’ » chanté par le psalmiste (Ps 84, 7). À moins que ce terme ne désigne le “ mur des lamentations ”, seul vestige du Temple construit par Hérode, détruit par Titus en 70.
L’hébreu bâkkâ’ signifie en effet « larme » (cf. Jg 2, 5), et l’on doit peut-être traduire : « Oui, la première Maison qui a donné la vie aux hommes est celle des larmes, bénédiction et voie pour les siècles. » (III 96) Dans le psaume 84, le « val de Bakka » est interprété « val des larmes » dans de nombreux manuscrits et versions, dont celle de notre office divin : “ in valle lacrymarum ”. Situé au nord de la vallée de Hinnom, ce lieu était la dernière étape de ceux qui se rendaient en pèlerinage à Jérusalem, au carrefour des routes venant du nord, de l’ouest et du sud (cf. la carte de Jérusalem, ci-contre, p. 9).
Le mot de « bénédiction (mubârakan) » renforce le rapprochement avec le psaume :
« Passant par le val de Baka, chante le psalmiste, ils ont bu à la source, la première pluie le vêtira de bénédictions (berâkhôt ). » (Ps 84, 7)
L’affirmation selon laquelle ce lieu « a donné la vie » paraît aussi empruntée au psaume 84 qui célèbre « les parvis de Yahweh », but du pèlerin en marche vers les parvis du Temple de Jérusalem, comme source de « grâce » et de « gloire » (cf. Ps 42 ; cf. Ez 47, 9).
La « Maison de Bakka » fut donc 1° source de « vie », 2° « bénédiction », 3° « Voie », et elle le reste « pour les siècles (li-l-‘âlamîna) ». On aperçoit la pointe polémique de cette affirmation, contredisant la parole de Jésus qui se donnait lui-même pour « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), et substituait au Temple son propre corps (Jn 2, 21). Encore que, selon l’auteur, “ moderniste ” avant la lettre, les disciples de Jésus lui aient prêté des paroles qu’il n’avait jamais dites.
C’est pourquoi il emploie, pour désigner « l’Évangile » (’al-’injîl ; III 3, 48, 65), le sigle péjoratif formé par les trois lettres aïn-waw-ghimel, abréviation rabbinique pour désigner un « serviteur des idoles ».
Ainsi, la pointe polémique antichrétienne affleure et se précise à mesure que se dévoile un contexte où, comme Jésus auquel il se substitue (Il est ressuscité no 53, janv. 2007, p. 14-16), ledit « bien-aimé (muhammad ) » entreprend de « monter » à Jérusalem (III 61), et tente d’y entraîner les « gens de l’Écriture », juifs et nazôréens ensemble, comme un nouveau Moïse les menant « dans le sentier du Dieu », sentier de la guerre qu’il faut livrer pour s’ouvrir la route de Jérusalem.
L’auteur polémique contre ceux qui « comptent » pour « partie de l’Écriture » ce qui n’est que « langage » humain, à savoir les Évangélistes. Par exemple, faire « dire » aux hommes par « une chair (bašar ) », Jésus, le “ Verbe fait chair ” (Jn 1, 14), à qui « le Dieu (Allah ) » a donné l’Écriture et la Sagesse et la Prophétie : « Soyez des serviteurs pour moi, plutôt que pour le Dieu », c’est « mentir contre le Dieu », c’est « apostasier », c’est renier l’état de « parfaits (muslimûn) », c’est « devenir fous », être « schismatiques » (III 78-82).
Il est remarquable aussi que l’auteur du Coran n’accuse pas Jésus d’avoir proféré pareil blasphème, mais ses disciples, les « Nazôréens », ceux qui sont « venus après », lui « rendant gloire » comme à « un enfant » du Dieu, comme on « rend gloire » au Dieu lui-même, le « mêlant » ainsi au Dieu, dans un Livre écrit de leur main : « l’Évangile ». Alors qu’un « bien-aimé » – le nom que Jésus reçoit lors de son baptême, ou de sa Transfiguration, l’auteur ne le nie pas – un « bien-aimé » n’est qu’un « oracle », un rasul, un prophète, organe du Dieu, mais non pas Dieu lui-même.
L’auteur du Coran s’en prend aussi au Nouveau Testament qui nous montre Jésus s’appropriant le Nom révélé à Moïse dans le Buisson ardent : « Je suis » (egô eimi ; Jn 8, 24. 58 ; 13, 19). Il marque sa volonté contraire de revenir à une notion de la divinité commune chez les Sudarabes au temps du paganisme : ’Il, nom commun de Dieu, emphatisé en ’Ilah, dont l’affirmation d’existence (kâna) évoque le tétragramme sacré Yahweh, « Il est », imprononçable : « le Dieu est » (’allâha kâna ; IV 11, 17, 24, 26, 92, 104, 111).
« LA JÉRUSALEM » (’as-salam) BYZANTINE

Au quatrième siècle, la victoire du christianisme en Occident et la conquête de l’Orient par Constantin rendent à Jérusalem son caractère de Ville sainte pour un âge d’or de trois cents ans. Élevée en 451 au rang de patriarcat à l’égal de Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople, elle attire des foules de pèlerins. Monastères et églises abondent grâce à la générosité de l’impératrice Eudoxie qui réside à Jérusalem à partir de 444 jusqu’à sa mort en 460. La plus importante de ces constructions est la “ nouvelle église de la Mère de Dieu ”, appelée communément la Néa, élevée par l’empereur Justinien en 544. Un hôpital de deux cents lits y est attaché. Ce sera le dernier grand édifice chrétien construit à Jérusalem avant l’invasion arabe.
Jérusalem (’as-salam ; II 208 et passim), à la veille de sa destruction par les Perses et de sa conquête par les enfants d’Ismaël, est donc une ville animée, remplie d’églises, de lieux saints et de monastères. À l’intérieur des murs, seule une vaste aire rectangulaire, l’esplanade du Temple, « Lieu d’Abraham » (maqâm ’ibrâhim ; II 125), reste désolée, « dévastée » (hâram ; II 144), visitée seulement par les juifs endeuillés. En IV 38, on lit peut-être une allusion au pinacle (qarîn) du Temple où le diable transporta Jésus.
Scopos (’as-safâ ; II 158) est le nom hellénisé qu’a reçu dans la littérature rabbinique une éminence sise au nord, en prolongement du mont des Oliviers, d’où l’on découvre la Ville sainte comme d’un observatoire, comme l’indique son nom hébreu de ha-sôphîm, « la sentinelle », transposé en arabe : ’as-safâ.
Cette colline est aussi appelée « porte du Dieu », avec ’al-marwat, localité de la montagne de Juda.
Lorsque l’auteur du Coran promet à « ceux qui croient » de les faire entrer dans des « jardins » où les fleuves couleront « de dessous » (min tahtihâ ; IV 13 et passim), l’expression correspond très précisément au système d’irrigation des « jardins » de Jérusalem appelés par les chrétiens « paradis », situés au sud-ouest de la ville à l’époque byzantine. Sur le plan, les « citernes » désignent de petits réservoirs souterrains, communiquant avec la surface par une ouverture étroite. La pluie (cf. II 22) tombe abondamment de novembre à mars, surtout en décembre - janvier. Elle remplit alors les citernes. Ensuite, de mai à octobre, sévit la sécheresse aggravée par le vent d’est.
Bakka (III 96) désigne la vallée située au sud-ouest de Jérusalem.
La Géhenne (jahannam ; II 206 et passim), située au sud, en prolongement du val de bâkâ’, offre un contraste saisissant avec le « paradis » des « jardins ». Transformée en décharge publique où un feu permanent consumait les déchets, la « géhenne du feu » (Mt 5, 22 ; 18, 9), « où le ver ne meurt point et où le feu ne s’éteint point » (Mc 9, 47. 4 , est le symbole du châtiment éternel (IV 14, 93).
La Ka‘ba (V 95) est un monument situé sur le chemin qui, de la sainte Sion, lieu de la « dormition » de la Bienheureuse Vierge Marie, mène à son « tombeau », à Gethsémani.
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 | Sujet: Re: Aux Origines de l'Islam: Muhammad, mythe ou réalité ? Dim 15 Juin - 14:42 | |
| | Citation: | LA KA‘BA, TRÔNE DE DIEU Les « idoles » auxquelles s’en prend l’auteur du Coran ne sont donc pas les cailloux que la tradition postérieure a imaginés, adorés dans le temple de la ka‘ba par des arabes païens, mais le Christ-Jésus et la Vierge sa Mère : « Ne vous égarez pas au point d’idolâtrer (une femme) “ entre les femmes ”. » (IV 129) Cette dernière expression est reprise littéralement de l’Évangile selon saint Luc (Lc 1, 42).
Actuellement, la ka‘ba désigne un sanctuaire situé à La Mekke, au milieu de la cour de la grande mosquée. Est-ce bien ce que le mot désigne dans le Coran ? Il paraît pour la première fois dans la sourate V au verset 6, pour désigner la plante des pieds, à propos de purification rituelle en vue de la prière :
« Ô vous qui êtes fidèles, lorsque vous vous levez pour la prière, lavez-vous vous-mêmes et vos mains jusqu’aux coudes, et oignez-vous la tête et les pieds jusqu’à la plante (’ilâ l-ka ‘bayni ) », littéralement : « jusqu’à la base », le mot n’étant qu’une transposition du grec kubos « cube », et désignant les pierres d’assise d’une maison. C’est pourquoi ka‘ba sert à désigner certains sanctuaires de forme cubique, dont celui qui abrite aujourd’hui la “ Pierre noire ” à La Mekke.
Mais nous avons établi que les événements attestés par le Coran doivent être rapportés à la Ville sainte de Jérusalem et aux “ fondations ” de son Temple détruit (Il est ressuscité no 53, janvier 2007, p. 12). Eh bien ! au moment où écrit l’auteur du Coran, le nom grec kubos désigne un édicule construit à la sortie de la Cité sainte pour commémorer l’arrêt dramatique, par Jéphonias, un juif mécréant, du cortège funèbre de la Vierge “ endormie ”, la conduisant à son “ tombeau ” de Gethsémani, avant son Assomption. Remarquons que dans la sourate IV, ce geste impie de Jéphonias est qualifié d’ « énorme infamie, buhtânan ‘azîman » (IV 156).
Or, les juifs renouvelèrent ce geste sacrilège à la faveur de la prise de Jérusalem par les Perses en 614. Prenant part à la bataille aux côtés des envahisseurs, ils s’acharnèrent avec une fureur dévastatrice sur la Néa, l’église de la Vierge, plus encore que sur le Saint-Sépulcre lui-même. Cependant, leur alliance avec les Perses n’eut qu’un temps. Dès 617, ceux-ci ménageaient les chrétiens et oubliaient toutes les promesses faites aux juifs, enfants d’Israël. Les arabes, enfants d’Ismaël, qui avaient pris part à l’invasion, subirent la même disgrâce, comme un « calvaire » (III 140, 172), littéralement « une calvitie (qarhun) ».
Le mot est transposé de l’hébreu biblique qârah, « raser, rendre chauve ». Le substantif qorhah prend le sens de « dépopulation » en hébreu talmudique, par exemple à propos de l’extermination des juifs méditée par Aman selon le livre d’Esther. Dans le Coran, le mot est employé trois fois seulement, comme le mot « Calvaire » n’est employé que deux fois dans le Nouveau Testament (Mt 27, 33 ; Jn 19, 17).
« Si un calvaire (qarhun) vous frappe, jadis un calvaire (qarhun) semblable frappa le peuple. » (III 140)
Pour le passé, l’auteur fait peut-être allusion aux épreuves qui ont frappé le peuple d’Israël, lors de la destruction du Temple en 70 ; sans doute rappelle-t-il aussi le « calvaire » subi par les juifs lors de la tentative de reconstruction de ce même Temple entreprise en 363, empêchée par le « trou de feu » (III 103) et le « vent de cailloux » (III 117).
Pour le présent, le terme de « calvaire » désigne l’échec du « retour » de 614. Le mot, choisi par référence à l’Évangile, donne à cet échec le sens d’une épreuve comparable à la crucifixion du Christ. Les enfants d’Ismaël ont en effet été déçus dans leurs espérances, en même temps et dans la même mesure que les juifs alliés des Perses.
En juillet 614, Jérusalem étant tombée entre les mains des Perses rejoints par les juifs du sud de la Palestine et par des bandes de sarrasins, les juifs réclamèrent certains droits à l’autonomie dans la Ville sainte. Pour toute réponse... ils furent déportés en Perse ! Quant aux « sarrasins », leurs alliés d’un moment, ils se dispersèrent, s’esquivèrent, se firent oublier des Perses...
Après avoir médité les leçons de ce « calvaire » l’auteur a livré le fruit de son expérience douloureuse dans la sourate III. Puis il a rassemblé de nouveau son monde... Où ? Les sourates IV et V permettent de répondre à cette question : en Nabatène. C’est là qu’il les a dotés d’une loi, avant de les ramener à la conquête de la Terre sainte.
C’est alors qu’ils trouvent, aux portes de Jérusalem, un édicule (kubos) consacré à Marie, que les chrétiens venaient d’élever en hommage de réparation à la Vierge (ka‘ba).
Dans le Coran, il est question de Ka‘ba par deux fois, aux versets 95 et 97 de la sourate V. Sous ce nom, l’auteur désigne la « Maison sacrée » qu’il a mission de relever avec l’aide du Dieu fort et riche en miséricorde, « le Seigneur de la Ka‘ba ».
Cette expression peut aussi bien se traduire « le Seigneur de la Vierge » ; c’est en tout cas le sens qu’elle revêt pour les chrétiens qui vouent un culte à Jésus et sa Mère, comme à « deux dieux à l’encontre du Dieu » (V 116).
N’est-il pas émouvant de constater que, en dépit de cette controverse, loin de détruire ce “ mémorial ”, les musulmans le prirent pour symbole de la « Maison d’Abraham » qu’ils voulaient « relever » ? Cette attitude première de l’islam naissant, qu’une exégèse scientifique de la sourate V met en lumière, aujourd’hui encore nous convoque tous, qui que nous soyons, chrétiens, juifs et musulmans, aux pieds de la Fille d’Abraham.
Le passage qui s’en prend au culte de « Jésus, fils de Marie », comme à « deux dieux », dénote une connaissance approfondie du Nouveau Testament en même temps qu’une volonté sans équivoque, de la part de l’auteur, de se substituer à Jésus-Christ :
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(Sourate V, verset 117)
Je ne leur ai dit que ce que tu m’as ordonné :
(Jean 17,
Les paroles que tu m’as données, je les leur ai données.
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“ Servez le Dieu, mon Maître et votre Maître ! ”
(Jean 15, 13)
Je ne vous appelle plus serviteurs,
(Jean 20, 17)
Mon Père et votre Père mon Dieu et votre Dieu.
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Et j’ai été un témoin contre eux,
(Jean 15, 22)
Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant, ils n’ont pas d’excuse.
sans cesse au milieu d’eux.
(Jean 15, 12)
Quand j’étais avec eux
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Et lorsque tu m’as glorifié, e |
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