Au bord de la crise de nerfs, Sonia, professeure
dans un collège de banlieue, bascule dans la prise d'otages. Un état
des lieux sans concession de l'impasse éducative et un rôle à la
démesure d'Isabelle Adjani.
Professeure
de français dans un collège "sensible", Sonia Bergerac s'obstine à
venir en cours en jupe, malgré la désapprobation de son principal,
dépassé par la déliquescence de son établissement. Au bord de la
dépression nerveuse, récemment quittée par son mari, elle vit de plus
en plus mal sa difficulté à enseigner, la discrimination dont les
filles sont victimes comme le racisme de certains élèves. Lorsqu'elle
découvre une arme dans le sac de l'un d'eux, elle s'en empare et,
paniquée, prend sa classe en otage. Intervention du Raid, angoisse des
parents, négociations, vacarme médiatique... Dans le huis clos de la
classe, l'envers de la cité se révèle...
Sur la corde raide
À
travers ce scénario culotté d'une prise d'otages dans un collège de
banlieue, Jean-Paul Lilienfeld dresse un état des lieux vertigineux de
l'impasse à laquelle est confrontée l'Éducation nationale. Car ce film
"sur la corde raide", en rupture avec le politiquement correct,
emprunte avec virtuosité les codes de la fiction et du cinéma d'action
pour éclairer, sans concession, la complexité des enjeux : violence et
confusions identitaires des élèves, enseignants à bout de souffle,
laïcité en péril, aveuglement de la hiérarchie, démission des
politiques... Teintée d'un humour du désespoir, cette puissante
dramaturgie montre surtout combien les tensions de la cité retentissent
sur la vie scolaire, jusqu'à l'implosion. Un film haletant, à fleur de
peau, qui offre un rôle à sa démesure à Isabelle Adjani, Sonia d'une
flamboyante fragilité, passant de l'hystérie à la drôlerie, face à de
jeunes comédiens à l'irrésistible énergie.